En France, crise et dérives
Le gouvernement tente par tous les moyens de rassurer l’opinion, en multipliant les interventions. L’ampleur de la crise économique paralyse le pays. La peur s’est logée dans les esprits. Quand dans le même temps les grands patrons s’octroient des stock-options, des primes faramineuses et qu’il est annoncé des plans sociaux, on comprend que le capitalisme à outrance devrait rendre son dernier souffle rapidement avant d’engendrer une grande colère.
A chaque jour son lot de mauvaises nouvelles, le chômage a augmenté de 3,5% en février. On compte 79 900 inscrits de plus au pôle emploi. En une année, le chômage a augmenté de près de 20%. Au total, ce sont plus de 3 600 00 personnes (en comptant les habitants de l’Outre Mer) qui sont privée d’emplois. On peut essayer de modifier les calculs de cette évaluation mensuelle mais rien ne semble arrêter cette descente aux enfers. Les jeunes de moins de 25 ans sont la tranche de la population la plus touchée. Chacun s’accorde à dire cela va durer des mois.
Chaque jour, on entend parler de certaines entreprises qui envisagent des plans sociaux. Les banques, les sociétés qui ont reçu des fonds publics n’hésitent pas à licencier pour réaliser des économies mais en parallèle les hauts responsables se distribuent des primes, parachutes dorés, stock-options. Le gouvernement met en garde mais il semble que le mot civisme a disparu du dictionnaire. L’hypocrisie est insupportable. En France, tout doit passer par une loi pour être entendu.
Le ministère de l’intérieur pourra démentir que les quotats nationaux de PV n’existent pas, les fonctionnaires de police en parlent. On appelle ceci « des indicateurs d’activité chiffrée » dans un langage politiquement correct. On s’explique au ministère de l’intérieur, il faudrait baisser le nombre de tués sur les routes à 7% pour passer sous la barre des 4 000 tués en 2009. Mais comment se fait-il que l’on retrouve les gendarmes dans des endroits sans risques, mais qui permettent de verbaliser sans peine ?
Il apparaît clairement que si 2008 a été une année terne, 2009 s’annonce catastrophique. Ouvrir un journal, écouter les informations à la télévision ou à la radio donne vraiment le cafard. Peut-être faut-il envisager d’hiberner pour voir la France sortir de ce marasme. Les indicateurs économiques montrent que nous ne sommes pas encore dans l’oeil du cyclone. Les plans sociaux annoncés en ce début d’année 2009 n’ ont pas encore commencé. Mais le plus grave actuellement est la peur et la frustration qui commencent à régner, sans pour l’instant de perspective d’espoir.

