Le projet de loi du crédit revolving trop timoré
Le gouvernement a présenté son projet de lois pour réformer le crédit à la consommation. Il est urgent d’agir surtout en matière de crédit revolving. C’est le prêt le plus dangereux de tous. Ce crédit est en fait renouvelable. Il met à disposition d’un souscripteur une somme d’argent de façon permanente qu’il utilise comme bon lui semble. Le remboursement reconstitue la réserve. Cette forme de prêt incite souvent à la surconsommation et plonge beaucoup de personnes à faibles revenus à une situation de surendettement. Les taux avoisinent les 20% d’intérêts.
Ce projet de loi vise à responsabiliser les prêteurs. Il faudrait désormais faire remplir un questionnaire pour évaluer la capacité de remboursements des emprunteurs. Trop de crédits sont souscrits sans aucune formalité sauf la vérification au ficher FCIP qui permet de savoir si des incidents ont eu lieu sur des précédents emprunts. Cependant, il n’est pas prévu dans cette réforme de fournir des justificatifs de revenus. N’importe qui pourra donc mentir sur la fiche de renseignements.
Il va falloir que les sociétés de crédit explique aux souscripteurs les dangers des crédit revolving. Il n’est pas certain que cette clause soit réellement respectée. Rien n’est vraiment clairement expliqué à ce sujet dans le projet de loi. Le taux est très rémunérateur pour les prêteurs, on peut donc douter d’une réelle mise en garde.
Ensuite, le montant de l’assurance-emprunteur devra être clairement indiquée sur le relevé mensuel. Cette indication permettrait donc de comparer le coût de celle-ci. Il est à noter que celle-ci n’est en aucun cas obligatoire.
D’autre part, le crédit revolving devait être interdit dans les grandes surfaces. Cette mesure proposée par le député Marini a donc été écartée de ce projet de loi. Il sera donc définitivement possible de multiplier les cartes de fidélité et réserves d’argent associées, à moins d’une réaction tranchée de l’Assemblée Nationale et du Sénat. Le gouvernement ne va donc pas assez loin pour protéger les emprunteurs contre eux-mêmes. La crise économique risque de fragiliser encore plus les ménages à faibles revenus.
Source : L’Expansion

