Total s’explique
Les plans sociaux s’entassent dans le pays sans que rien ne puisse les arrêter.
Le mot scandaleux pourra être prononcé par le secrétaire d’Etat à l’Emploi Laurent Wauquiez, force est de croire que les entreprises font ce qu’elles veulent. La croissance est tout à coup quasi indécente pour Total. 14 milliards de profit donne donc un pouvoir sans limite. Ces pratiques sont courantes cette année. Comme chacun sait que beaucoup de PME font des efforts importants pour garder leurs salariés, le comportement de Total est à l’image de la société actuelle. L’actionnaire devient de plus en plus gourmand, le monde du travail a beaucoup changé. Il faut mettre des mots sur les maux. D’ici 2013, 249 emplois vont être supprimés dans le domaine de la raffinerie. La direction de Total annonce qu’il n’y aura aucun licenciements secs sous réserve de la mobilité géographique des employés. Quels sont les salariés qui vont s’exiler au Quatar dans un projet de casse industrielle ? La main d’oeuvre locale devrait coûter bien moins cher. Dans le domaine de la pétrochimie ce sont 306 postes qui vont disparaître d’ici 2010. Il est aussi promis par la direction des efforts de reclassement interne. Il pourrait être mis en place un congé d’attente retraite. Le dispositif permettrait de proposer aux salariés à 3 ans de la retraite une dispense d’activité.
Total devrait investir avec GDF-Suez 70 millions d’euros pour une nouvelle usine de production de panneaux solaires (photovoltaïque) près de Carling en Moselle. Une centaine d’emplois seront créés à cette occasion. La surcapacité est donc un autre argument de Total, la consommation a baissé et la production est donc importante. Les excédents seraient de plus en plus difficiles à exporter aux Etats Unis. Il a donc été décidé de baisser la production. La surcapacité en France doit donc être maîtrisée pour continuer les projets au Moyen Orient. Enfin, Total se défend en annonçant des chiffres. Les investissements devraient représenter plus d’un milliard d’euros et devrait générer plus de 1000 emplois par an en moyenne. Total va donc mettre en place son plan de consolidation. Philippe Goebel, PDG de la branche pétrochimie affirme donc aujourd’hui qu’il n’y aura pas de licenciements, affaire à suivre…
Source : Ouest-France

