Explosion de la dette publique
Alors que le chef de l’Etat annonçait ses mesures sociales le 18 février 2009, se profilait déjà le spectre de la plus grande récession depuis 1945. Le déficit atteindra un triste record historique, de 103,8 milliards d’euros cette année. On sait déjà qu’il atteindra plus de 5%, alors que Bruxelles n’autorise que 3%. Le PIB (Produit Intérieur Brut) baissera de 1 à 1,5%. Les mesures prises seront-elles suffisantes pour sortir le pays de la crise ?
Le nouveau collectif budgétaire a été présenté mercredi 4 mars en conseil des ministres, par le ministre du Budget, Eric Woerth et la ministre de l’Economie, Christine Largarde. Comme le déficit ne devait atteindre que 52 milliards, il faut ajuster le budget 2009. Celui-ci est tout simplement doublé à 103,8 milliards d’euros. Il est espéré une réduction à 4% en 2011, puis qu’il passe sous la barre des 3% en 2012. La crise économique s’installe pour au moins les deux années à venir.
L’UNEDIC a annoncé la destruction pure et simple de plus de 300 000 emplois, mais des prévisions plus pessimistes sont avancées, 350 000. Déjà au mois de janvier 2009, 90 200 demandeurs d’emplois ont rejoint le pôle pour l’emploi. De son côté l’Etat propose une indemnisation plus importante du chômage partiel. Le demandeur d’emploi touchera 75% de son salaire brut au lieu de 60% auparavant. Pour les jeunes, il pourront prétendre à une aide exceptionnelle de 500 Euros. Il faudra avoir travaillé de 2 à 4 mois dans les 28 mois. Ces mesures sont mises en place au 1er avril 2009.
Des plans sociaux menacent dans beaucoup de sociétés à l’image de la FNAC avec 400 emplois menacés, Conforama envisage aussi approximativement 800 suppressions d’emplois. On ne peut guère dire que les sociétés du groupe PRP soient pourtant dans de grandes difficultés. Le chiffre d’affaires du groupe a été stable en 2008. Mais Il est intéressant de savoir que les objectifs spéculatifs prennent le pas sur la valeur du travail. Les actionnaires exigent plus de dividendes en 2009.
Une prime spéciale de 150 euros sera donc versée en juin prochain à 3 millions de familles ayant au minimum 3 enfants scolarisés, parmi les plus modestes. Des bons d’achat de 200 Euros seront distribués aux bénéficiaires de l’APA (aide personnalisée d’autonomie à domicile), mais aussi aux personnes qui perçoivent l’AEEH (Allocation d’Education de l’Enfant Handicapé). La mesure est étendue aux demandeurs d’emplois qui retrouvent une activité. Cela permettra de financer en partie la garde de leurs enfants.
Le pouvoir d’achat des classes moyennes va bénéficier d’un dégrèvement de 2/3 de l’impôt sur le revenu. Ce sont 4 millions de ménages qui vont bénéficier de cette mesure. En plus, 2 millions de français atteignant la seconde tranche de l’impôt sur le revenu se verront octroyer un dégrèvement partie. Ceci coûtera l’Etat 1,1 milliards de plus. Il est prévu un gain approximatif de 200 euros par foyer.
L’aggravation se fait nettement sentir. Le déficit de la sécurité sociale est estimé cette année à 15 milliards d’euros pour 2009. On ajoute le prêt de 6,5 milliards d’euros pour l’industrie automobile. Le plan de relance coûtera 26 milliards. Les chiffres donnent le vertige. On peut se demander où ceci va s’arrêter ? Le premier objectif du gouvernement est de ramener le déficit au public au dessous de 3%, mais quand ? Qui peut aujourd’hui dire quand la crise prendra fin ? Une rude épreuve attend encore le Gouvernement, le mouvement social du 19 mars prochain.

